El Lobo
Sortie(s) : 26 avril 2006 (France) - Espagne, 2004
Genre : Suspense - Policier - Thriller
Durée: 2h05
Sortie DVD : 07 Novembre 2006
Année de production : 2003
Sociétés de production : Castelao Producciones S.A. - Mundo Ficción
Générique Technique
Réalisation : Miguel Courtois
Scénario : Antonio Onetti
Directeur de la photographie : Nestor Calvo
Musique : Francesc Gener
Production : Artedis / Sidonis Productions
Distribution : Artedis
Durée : 125 minutes
Photo : Néstor Calvo
Générique Artistique – Comédiens
Txema / El Lobo / Jose Maria Loygorri ==> Eduardo Noriega
Nelson ==> Patrick Bruel
Amaia ==> Mélanie Doutey
Ricardo ==> José Coronado
Begona ==> Silvia Abascal
Patxi ==>ntiago Ramos
Asier ==>Jorge Sanz
Matias ==> Manuel Zarzo
Palacios ==> Juan Fernandez
Arrieta ==> Aitor Mazo
Reto ==> Antonio Ferrera
==> Javier Tolosa
==> Manuel Zarzo
==> Cristina Perales
L'histoire / Synopsis :
"El Lobo" s'inspire de la vie de Mikel Lejarza, surnommé « El Lobo » (« Le Loup »), l'agent des services secrets espagnols infiltré au c½ur du groupe terroriste ETA entre 1973 et 1975, qui contribua à la chute d'un quart de l'effectif terroriste de l'époque. El Lobo est l'histoire d'un homme utilisé et détruit (trahi) par les services secrets de Franco, qui essayèrent de l'éliminer en cours d'opération ; et rejeté par sa propre famille (qui le prenait vraiment pour un membre de l'ETA). Malgré cela, El Lobo prouva son courage et sut cependant se protéger et, par ses propres moyens, continua et il mena sa mission à bout. Pour sauver sa peau, il fut forcé de changer d'identité et de visage (ses traits), et disparut sans laisser de trace.
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EL LOBO est inspiré de faits réels et de la véritable vie d'un jeune basque ayant infiltré l'ETA. A la fin de sa mission, en 1975, sa tête ayant été mise à prix par l'organisation terroriste, il a dû changer d'identité et de visage et disparaître de la circulation. ETA est l'abréviation de "Euskadi 'ta Askatasuna", qui signifie "Pays Basque et Liberté", et a été créée en 1959 pour revendiquer l'indépendance des provinces basques. Dès 1974, les attentats se font de plus en plus violents et l'ETA devient responsable de meurtres de civils. Le 22 mars 2006, l'ETA a officiellement déclaré un cessez-le-feu permanent, créant l'espoir en Espagne.
Miguel Courtois a auparavant réalisé UN ANGE (2000) et UNE JOURNEE DE MERDE (1999). Pour la télévision, il a notamment réalisé des épisodes de la série LA CRIM.
L'avis de la presse (France) :
LE MONDE - 25.04.06 - *Négatif
Sanctifié par le rituel "inspiré de faits réels", El Lobo trace le parcours d'un jeune Basque aux derniers temps du franquisme. Recruté par les services secrets espagnols, El Lobo (Eduardo Noriega) infiltre l'ETA jusqu'au sommet de l'organisation dont Patrick Bruel campe un dirigeant sectaire. Le scénario détaille le modus operandi de l'agent double qui va et vient entre Madrid, les parties espagnole et française du Pays basque et Barcelone, sans que l'on comprenne ce qui a conduit ce jeune homme ordinaire à risquer sa peau. Cette opacité, jointe au goût du metteur en scène pour les clichés du film d'espionnage, maintiennent El Lobo au niveau d'un téléfilm de grande consommation.
Télérama - *Positif
Dans le rôle d'un cador barbu et trapu de la branche armée, Patrick Bruel est inattendu et convaincant.
L'HUMANITE - *Positif
El Lobo, de Miguel Courtois
Explosif.
Datant de trois ans, ce thriller politique arrive de nulle part et traite d'un thème un peu hors actualité : le terrorisme basque. Mais dans « terrorisme basque », il y a « terrorisme », concept brûlant qui est devenu le vecteur privilégié des obscurs, des sans-grade pour faire entendre leurs voix désespérées. Après une vision stylisée du sujet dans V pour vendetta, el Lobo a le mérite de décrire le processus de l'intérieur et de l'extérieur. Normal, puisque el Lobo est le surnom d'un jeune basque qui, dans les années 1970, s'infiltra si bien dans l'ETA qu'il contribua à faire tomber une partie de cette hydre - certes, elle ne fut pas complètement éradiquée puisqu'elle avait plusieurs têtes. C'est en partie l'histoire des luttes fratricides entre ces têtes que narre le film, tout en montrant comment dans le camp adverse (les services secrets franquistes) les relations n'étaient pas plus harmonieuses. Plutôt bien ficelé et rythmé, ce thriller n'a rien à envier à ses équivalents américains, même si on aurait aimé plus de brio dans la mise en scène (comme chez Michael Mann, par exemple, qui sait filmer une ville la nuit). Une assez bonne surprise, donc. Les acteurs principaux (Eduardo Noriega et Mélanie Doutey) forment un couple convaincant, mais c'est Patrick Bruel qui emporte la mise, en machiavélique et impitoyable chef terroriste.
Monsieurcinemas - *2/5
Résumé : Début des années 70. Un soir, Txema reçoit la visite de trois militants de l'ETA, qu'il décide de protéger une nuit, par patriotisme. Il réfute pourtant leurs velléités meurtrières. Quelques jours plus tard, Txema est arrêté par la police espagnole, et les services secrets lui proposent d'infiltrer l'ETA. Tout d'abord hésitant, il se lance finalement à corps perdu dans l'opération et devient El Lobo (Le Loup). Pendant plusieurs années, il agit en sous-marin, gravit les échelons de l'organisation et assiste aux luttes de pouvoir en son sein, notamment entre les militants modérés et les extrémistes, comme Nelson. Son travail aura permis de faire tomber un quart des membres de l'ETA, mais dès 1975, il doit changer de visage, les terroristes ayant mis sa tête à prix.
L'HEURE DU LOUP
Alors que l'ETA vient de déclarer un cessez-le-feu permanent, la sortie d'EL LOBO est un bon moyen de revenir sur la période charnière de l'organisation : les années 70. Avec le cinéma politique des années 70 en tête (LES HOMMES DU PRESIDENT, Z ou L'AVEU), Miguel Courtois réalise ici un thriller efficace et instructif. La première demi-heure du film est à ce titre accrocheuse, notamment grâce à un rythme effréné et à une caractérisation intéressante de Txema, incarné avec conviction par Eduardo Noriega. Le reste du film est à l'unisson de cette entame prometteuse. Les enjeux intimes de Txema / El Lobo sont souvent intéressants et le propos, loin d'être manichéen, permet de saisir les ambiguïtés du personnage. Cependant, malgré ses qualités, EL LOBO manque singulièrement d'ampleur et d'audace. La dramaturgie ne sort ainsi jamais de rails balisés et peine à développer un propos réellement marquant. La réalisation, elle, manque de souffle et reste largement en dessous de celle de ses aïeux sus cités. Pourtant, la dernière demi-heure, stigmatisant les erreurs des services secrets espagnols, revigore le propos et l'on aurait aimé que le film creuse davantage ce sillon. A défaut, EL LOBO apparaît comme un très bon téléfilm, mais peinera à marquer le grand écran.
~Aurélien Allin~
filmdeculte.com - *Négatif
LOBOTOMISE
Fresque ambitieuse sur les débuts de l'ETA, le groupe terroriste basque qui ensanglante l'Espagne encore de nos jours, El Lobo de Miguel Courtois (le producteur de Féroce) souffre d'un amateurisme permanent, qui contamine un récit pourtant historiquement passionnant. Chaque scène de poursuite entre la garde franquiste et les terroristes évoque les grands morceaux de bravoure de L'Inspecteur Derrick, la célèbre série allemande chloroformée. Réalisé en DV, El Lobo sombre parfois dans le grotesque, en raison d'une direction d'acteur défaillante. Si Eduardo Noriaga, l'interprète principal, s'en sort avec les honneurs malgré une teinture blonde finale totalement kitsch, Mélanie Doutey en pasionaria terroriste qui fait l'amour avec une cagoule, et surtout Patrick Bruel en commandant basque avec l'accent pied noir sont constamment sur le fil entre le ridicule et le grand-guignol assumé. Mauvais film donc, mais entreprise intéressante et audacieuse. Ce Munich de l'ETA a le mérite d'évoquer une page d'histoire méconnue, il aide à saisir les tenants et les aboutissants de la lutte séparatiste basque.
La critique [evene]
Miguel Courtois aurait pu faire d''El Lobo' un véritable docu-fiction, révélation au monde d'une affaire d'espionnage aux relents de magouilles politiques. Ou bien Miguel Courtois aurait pu choisir l'option du film à spectacle, compensant les trous scénaristiques par d'haletantes scènes d'action aux effets spéciaux de blockbuster, légitimant le pur divertissement par l'accroche à la mode : "inspiré de faits réels".
Au lieu d'un de ces deux partis pris, le réalisateur semble longuement hésiter. Au final, on assiste à un thriller politique qui peine à se lancer, et dont le trio d'acteurs (Bruel-Doutey-Noriega) parvient tout juste à compenser le manque d'imagination d'une mise en scène très rock'n'roll.
Les avis et [critiques]
Récompensé aux Goya
Lors de la cérémonie des Goya (équivalent espagnol des César) 2005, El Lobo, gros succès public en Espagne, s'est vu remettre deux récompenses : Meilleur montage et Meilleurs effets spéciaux. Le film avait obtenu trois autres nominations : Meilleur acteur (Eduardo Noriega), Meilleure direction de production (Miguel Torrente et Cristina Zumarraga) et Meilleur second rôle féminin (Silvia Abascal).
Les intentions du cinéaste
"Si le cinéma est un art populaire qui peut toucher le plus grand nombre, mais qui peut aussi avoir la vocation de faire réfléchir ou d'éclairer certains aspects de l'histoire de l'Europe récente, El lobo se situe délibérément à la croisée de ces deux ambitions. Le scénario est construit comme un film d'aventure, un thriller haletant mais aussi comme une réflexion politique et morale sur des événements de la récente histoire espagnole, à travers celle-ci c'est également l'histoire de l'Europe, à l'heure où cette dernière cherche à s'unir de plus en plus, alors que certains veulent lui opposer une logique séparatiste. Dans la grande tradition du cinéma américain des années 70 (Les Trois jours du Condor, Les Hommes du Président, Bonnie and Clyde) ou des films de Costa-Gavras (Z, L'Aveu, Etat de siège), El Lobo a tenté de réunir le spectacle et la réflexion, et ce faisant de donner au film sa singularité."
Courtois, aux basques de l'ETA
El Lobo est le premier film que tourne en Espagne Miguel Courtois, réalisateur né en 1960, qui a beaucoup travaillé pour le petit écran, et signé trois longs métrages pour le cinéma : les polars Preuve d'amour et Un ange et la comédie Une journée de merde. Après El Lobo, Courtois a enchaîné avec le tournage d'un autre film portant sur le terrorisme basque : Gal avec José Garcia, un film sur le Groupe antiterroriste de libération (Gal) qui, entre 1983 et 1987, a commis une trentaine d'attentats contre l'ETA.
Engagement personnel et politique
Pour parvenir à un équilibre entre spectacle et réflexion, Miguel Courtois s'est nourri des films du passé, mais aussi de son expérience personnelle : "Comme cinéaste, "téléaste" ou producteur, j'ai déjà tenté plusieurs fois de traiter ce genre de sujet. Leïla née en France racontait une histoire vraie et Féroce de Gilles de Maistre que j'ai produit m'a valu un procès de Jean-Marie Le Pen qui a tenté de faire interdire sa sortie. Par ailleurs, El Lobo me touche particulièrement car ma famille maternelle vit au pays basque espagnol depuis le début du XXe siècle et je suis donc issu depuis toujours de cette triple culture : française, espagnole et basque."
Vu à la télé
El Lobo présente l'originalité d'avoir été diffusé à la télévision (sur Canal+ en novembre 2005) quelques mois avant sa sortie en salles (le 19 avril 2006).
http://www.cinemotions.com/
http://www.allocine.fr/
http://www.cinemovies.fr/
